jeudi 5 mars 2015

Le bon fonctionnement d'une école : le choix des règles de vie

Ce billet est une adaptation d'un texte tiré de ce site Web.

Le bon fonctionnement d'une école passe nécessairement par l'établissement et respect des règles de fonctionnement. En effet, aucun groupe d'humains ne peut vivre sans loi ou règlement.

Il y a trois types de règles qui permettent à un groupe de fonctionner :

A. Les règles non négociables :

La plupart de ces règles viennent des lois. Ce sont des dispositions légales ou internes qui réglementent la vie des employés et des élèves : loi sur l'instruction publique, régime pédagogique, conventions collectives, normes et modalités d'évaluation, code criminel, etc.

B. Les règles explicites :

Ces règles sont clairement définies : règles de vie, politiques et procédures de fonctionnement internes.

Dans une école, le conseil d'établissement et la direction peuvent de leur propre autorité instaurer des règles explicites; mais ils doivent le faire avec la plus grande prudence, car si elles étaient transgressées impunément, c'est son autorité personnelle qui serait directement mise en cause.

De ce fait, avant d'instaurer ou de reconduire une règle, le conseil d'établissement et la direction doivent se questionner sur les facteurs qui faciliteront et nuiront à l'acceptation et à l'application de ladite règle. En effet, notre société a beaucoup évolué depuis l'époque où les non conformistes étaient éliminés sous le pouvoir absolu du dirigeant. C'était l'époque où la légalité se distinguait très peu de la légitimité. Aujourd'hui, à cause des diverses révolutions, la légalité se distingue de plus en plus de la légitimité.

Prenons l'exemple de la règle interdisant le port de la casquette à l'intérieur d'une école. Du point de vue de la légalité : Cette règle rend illégal le port de la casquette à l'intérieur des murs de l'école. Le personnel de l'école doit donc intervenir en conséquence. Du point de vue de la légitimité : L'élève qui a les deux mains pleines croit qu'il est légitime de se rendre jusqu'à son casier avec sa casquette sur la tête.

Remarquez que l'écart entre la légalité et la légitimité est souvent à l'origine d'une escalade lors d'une intervention, puisque l'intervenant agit au nom de légalité et l'élève réagit au nom de légitimité. Devant l'intransigeance de l'intervenant, l'élève en réaction peut montrer des indices d'agressivité. Si tel est le cas, l'élève transgresse une autre règle, celle du respect envers l'adulte, et s'expose à une suspension de l'école.

Je pourrais donner d'autres exemples de règles qui, malheureusement, mènent directement vers de la gestion de conflits entre l'élève et l'école sinon entre le parent et l'école.

Voilà pourquoi le conseil d'établissement et la direction doivent choisir intelligemment leurs batailles. Mais comment peuvent-ils s'y prendre?

  1. Connaître la clientèle.
  2. Anticiper les réactions dites légitimes et en mesurer les impacts sur l'acceptation et l'application de la règle.
  3. À moins qu'il s'agisse d'une règle non négociable, une règle ne doit pas mener à la destruction du lien d'attachement, si durement acquis entre l'école et l'élève.
  4. À moins qu'il s'agisse d'une règle non négociable, une règle doit concéder une zone tampon. Exemple : une règle interdisant la consommation de produits glacés à l'intérieur de l'école, à l'exception de la cafétéria.
  5. S'il s'agit de reconduire une règle ou de copier une règle d'un autre établissement, il faut éviter le piège des Deux bouts du rôti.

C. Les règles implicites :

Elles sont dictées par la culture du groupe et correspondent souvent à ce qu'il faut faire sous peine d'être exclu par ce dernier.

Elles sont la traduction concrète des valeurs du groupe. La grande question pour identifier ces règles est :
«Quelles sont les attitudes, au sein du groupe, qui provoqueraient l'exclusion?»

Lorsque les règles explicites sont insuffisantes ou obsolètes, le groupe produit de lui-même des règles implicites; et la direction a intérêt à maîtriser leur émergence, car certaines d'entre elles peuvent parfois nuire au bon fonctionnement de son école.